mai 142012
 

Vous venez de vider votre carte mémoire, vos fichiers RAW sont inutilisables dans l’état actuel et nécessitent un développement, aussi appelé « dérawtisation », pour être exploitables. Cette étape dans votre flux de production de photographies vous permet d’exploiter le vrai potentiel du format RAW. Voici mon flux de développement sous RawTherapee, logiciel libre que j’ai choisi pour développer mes fichiers RAW.

1) Réglez la balance des blancs

  • Poussez un peu le curseur d’exposition si l’image est trop sombre pour percevoir les corrections de balance des blancs.
  • Essayez la BdB Auto ou de celle de l’appareil photo.
  • Sinon cherchez un blanc ou un gris neutre et pointez le sélecteur (pipette) de couleur neutre (évitez les lumières brûlées). Affinez le réglage en agissant sur les Curseur de Température et de Teinte.

2) Amenez un peu de contraste (ajustez en fin de traitement)

En tirant le curseur de contraste (applique une courbe en S à la photo).

3) Fixez les limites d’écrêtage

  • Fixez le point blanc  en faisant les Niveaux Auto, puis ajustez avec le curseur d’exposition.
    Regardez le bord droit de l’histogramme et le rendu visuel : n’hésitez pas à aller légèrement au-delà des limites d’écrêtage jusqu’à obtenir une image suffisamment lumineuse.
  • Utilisez le curseur de compression (récupération) des hautes lumières pour récupérer les détails dans les zones brûlées.
  • Le curseur de luminosité amène un résultat proche du curseur d’exposition en déplaçant les tons moyens mais au détriment du contraste qui diminue.
  • Fixez le point noir avec le curseur Noir ou la courbe de tonalités en positionnant un point au plancher de l’histogramme (en bas à gauche dans les tons sombres).
    Ceci améliore les effets de brouillard ou de halo gris.
  • Compression des ombres restitue les détails disparus suite à l’augmentation du niveau de noir.
  • Reconstruction des hautes lumières tente de retrouver des détails gris dans les zones faiblement surexposées (luminance) et des couleurs (propager).
  • Ombres/Hautes lumières
    • Ombres : éclaircir les ombres sans altérer les zones claires (« fill-in ») mais ajoute beaucoup de bruit.
    • Hautes lumières : assombrir les zones claires sans altérer les zones sombres mais fait perdre en contraste.
  • Courbe Lab
    • Monter autour de 10 pour donner plus de couleur à l’image.
    • Éviter l’écrêtage couleur : évite de « brûler » certaines composantes couleurs.

4) Ajuster le contraste

  • Augmenter le contraste revient à assombrir les tons moyennement sombres et à éclaircir les tons moyennement clairs. Ce qui provoque un étalement de l’histogramme vers la gauche et vers la droite avec un aplatissement de la zone centrale correspondant aux tons moyens.
  • Courbe des tonalités : positionnez deux points sur la bissectrice de l’histogramme : un dans les tons moyens sombres, un dans les tons moyens clairs. Puis descendez légèrement le point de gauche (tons moyens sombres) et remontez le point de droite (tons moyens clairs), tout en essayant de faire passer la courbe en S par le point central de l’histogramme).
  • Votre image vient de gagner en contraste mais est peut-être encore un peu sombre ? Positionnez un nouveau point dans le pic des tons moyens et montez-le jusqu’à obtenir l’effet souhaité. Pour réduire la luminosité des zones trop claires, reprenez votre premier point dans les hautes lumières et rabattez-le sur la bissectrice.

5) Corrigez les défauts optiques et géométriques

  • Distorsion
    • Quantité négative : corriger une distorsion en barillet.
    • Quantité positive : corriger une distorsion en coussinet.
  • Correction Vignetage
    • Quantité positive : éclaircit les quatre coins de l’image.
    • Quantité négative : assombrit les quatre coins de l’image.
    • Rayon : jusqu’à quelle distance des coins s’effectue la correction.
  • Rotation
    • Choisir la ligne d’horizon : tracer une ligne qui sera considérée comme horizon.
  • Rognage (recadrage)
    • Ratio fixe : 3:2, 4:3, 16:9, 1:1 / Orientation Paysage ou Portrait.
    • Type de guides : Règle des tiers.
    • Déplacer le rectangle de rognage dans l’image : Shift + déplacer la zone à la souris.

6) Réduction du bruit numérique (vérifier les résultats dans la Vue de détails).

  • Réduction du bruit d’impulsion
    Réglez entre 50 – 80
  • Réduction du bruit de luminance (1 – 10)
    Supprime « l’effet de grain » du bruit (attention à ne pas perdre les détails fins).
  • Réduction du bruit chromatique (10 – 20)
    Supprime les « grains colorés » du bruit (attention à ne pas désaturer partiellement).

7) Accentuez la netteté

Une image en grand format semblera toujours manquer de netteté par rapport à la même image réduite.

  • Masque flou
    • Rayon : largeur du halo d’amélioration (aussi petit que possible).
    • Quantité : force de l’amélioration.
    • Seuil : prévient l’apparition de bruit.
    • Ex : appareil 10 Mpx = rayon entre 1 et 1,5 ; quantité max. 100-150.
  • Améliorer seulement les bords : évite le bruit dû à l’effet.
    • Tolérance des bords : si faibles ISO < 1000 / hauts ISO > 2500-3000.

mai 122012
 

Voici le premier set de 300 photos du week-end en Beaujolais du 12 au 14 mai 2012.

Cliquez ici pour voir le deuxième set (reste 20 photos).

 

 

mai 032012
 

Voici différentes méthodes que j’ai trouvé qui vous permettront de contrôler la présence de poussières sur votre capteur d’appareil photo reflex numérique.

Vous dire laquelle est la meilleure, je laisse à votre appréciation… car après m’être renseigné auprès de professionnels et des fabricants eux-mêmes, à la question : « feuille blanche, écran ou ciel bleu ? » La réponse est restée très évasive…

Pré requis

  • assurez-vous que vous n’avez pas de saleté sur votre lentille d’objectif.
  • Réglez la sensibilité ISO sur la plus position la plus faible (50 ou 100 ISO).
  • Sélectionnez le mode « Priorité Ouverture » ou « A ».
  • Fermez le diaphragme au maximum (f le plus important, par exemple f/32).

Première méthode

  • Débrayer l’autofocus et positionnez votre bague de mise au point sur la distance la plus courte.
  • Visez un espace blanc ou uni (plafond, mur) à environ 40 ou 50 centimètres de la surface et déclenchez en faisant bouger votre appareil afin de créer un « flou de bougé ».
  • N’hésitez pas à prendre une pose supérieure à 1 seconde.

Deuxième méthode

  • Débrayer l’autofocus et positionnez votre bague de mise au point sur l’infini.
  • Réglez la compensation d’exposition à +1.
  • Prenez des photos sur un ciel bleu uni, l’exposition peut durer plusieurs secondes. Le fait de bouger permettra même d’avoir une exposition uniforme sur toute l’image.

Troisième méthode

  • Créez un fond blanc dans votre logiciel de traitement d’image (GIMP en ce qui me concerne) ; mettez ce fond blanc en plein écran (assurez-vous que vous n’avez pas de saleté sur votre écran) ; puis photographiez votre écran.

En examinant la photo sur votre écran d’ordinateur, vous devriez voir apparaître les poussières qui se trouvent sur le capteur sous forme de taches sombres. N’hésitez pas à zoomer pour détecter les plus petits défauts.

Exemple de capteur sale

Le même capteur après nettoyage

Si vous avez pris votre photo en RAW, pour faciliter la détection des saletés sur la capteur, augmentez la compensation d’exposition, poussez un peu les noirs, et désaturez (comme pour passer en noir & blanc).

Vous constatez que dans les trois méthodes, l’ouverture du diaphragme doit être la plus petite possible, ce qui rend mieux visible les poussières posées sur le capteur. En utilisant une ouverture plus grande, les poussières seraient moins visibles, voir quasiment indétectables à partir de f/8.

Je n’aborderai pas la technique de nettoyage dans cet article, mais l’efficacité du nettoyage de votre capteur peut-être testée en prenant une photo avant et après le nettoyage.

On voit le résultat après nettoyage sur la deuxième photo ci-dessus. Tout n’est pas parfait, mais suffisant pour ne pas avoir de défauts visibles sur mes photos. J’ai poussé l’exposition à ouverture minimale sur ce test en montant le niveau de noir au développement. Autant vous dire que je n’ai pas beaucoup de photos qui ont été prises dans ces conditions extrêmes. Si je m’en tiens à mes réglages habituels, c’est-a-dire en moyenne f/9 d’ouverture à 100ISO avec une légère surexposition, voici le résultat obtenu :

Toujours le même capteur après nettoyage et des réglages « standards » de prise de vue.

 

 

avr 302012
 

Certains m’ont demandé à plusieurs reprises des « réglages types » pour leur reflex ou leur bridge numérique.

J’ai envie de vous répondre : « Il n’existe pas vraiment de réglage type ».  En effet, chaque scène vous expose à une luminosité et à un jeu de couleurs particuliers et uniques. Chaque situation que vous allez rencontrer exige des réglages propres à la façon dont vous allez composer votre photographie.

Mais, voici tout de même quelques réglages de base que je vous propose et qui conviennent à la plupart des situations en photo de paysage, d’architecture ou encore d’évènements et portraits.

Je commence toujours par choisir la sensibilité ISO sur le terrain :

  • 100 ISO si le temps est ensoleillé, voir très lumineux.
  • Jusque 400 ISO si le ciel est très couvert, ou souvent dans des ruelles sombres.
  • 800 ISO en intérieur, pour éviter d’avoir à me servir du flash qui dénature les couleurs, surtout dans les édifices religieux riches en architecture haute en couleur (statuaire, peintures, fresques).

Je travaille presque toujours en mode « Priorité Ouverture », ou mode « A ».

Pour photographier des plans d’ensembles architecturaux ou un paysage, je choisis l’ouverture moyenne de mon objectif, soit f/9 afin d’avoir un piqué optimal. Le piqué sur vos images a en effet tendance à se dégrader aux extrémités d’ouverture de votre optique.

Pour photographier un objet précis, un détail architectural, faire du portrait, ou un animal en mouvement, j’ouvre au maximum (ou idéalement autour de f/5.6) et j’utilise une focale moyenne pour flouter l’arrière-plan et bien faire ressortir mon sujet. Cela me permet également d’avoir une vitesse d’obturation plus élevée et donc d’éviter le flou de mouvement.

Côté vitesse, c’est donc l’appareil qui gère puisque je suis en mode « A ». Je fais attention à ne pas descendre en-dessous de 1/60s. pour éviter le flou de bouger (oui, un photographe, ça bouge !). En-dessous de 1/30s., il devient difficile de ne pas avoir un léger flou.

J’arrive à rester concentré et relativement immobile jusque 1/13s., mais le trépied devient indispensable en-dessous de cette valeur critique de vitesse.

Notez que vous avez la possibilité d’ouvrir le diaphragme pour gagner en vitesse ou encore de monter un peu en ISO. Mais au prix d’augmenter le bruit numérique, qui devient nettement perceptible dès 1600 ISO sur les appareils reflex d’entrée de gamme.

Enfin, j’applique souvent +0,3 EV de correction d’exposition, afin d’avoir des images un peu plus lumineuses. En RAW, il est préférable de surexposer légèrement, pour gagner du détail dans les ombres. Il sera en effet plus facile de rattraper des hautes lumières en post-production que des ombres. Mais attention, il ne faut pas « brûler » non plus les hautes lumières, d’où l’intérêt de contrôler l’histogramme sur le terrain.

Je contrôle systématiquement mon histogramme après une prise de vue. Celui-ci peut être légèrement décalé vers la droite (du fait de la correction +0,3 EV que j’applique), sans toutefois tomber dans la surexposition. La plupart de reflex indiquent les zones sur-ex / sous-ex, en plus de l’histogramme, en mode de visualisation d’image.

Pour finir, quelques réglages complémentaires que je ne modifie pratiquement jamais :

  • Je reste en mode « Autofocus ponctuel », ainsi qu’en « Zone AF Spot », afin de pouvoir choisir ma zone de mise au point précisément et décentrer ensuite pour cadrer correctement ma photo. Le mode « continu » est intéressant pour faire de la photo de sport ou pour la photo animalière (oiseaux notamment qui se déplacent rapidement).
  • Ma balance des blancs est très souvent sur « AWB », c’est-à-dire en automatique, car je corrige facilement les écarts colorimétriques en post-production grâce au format RAW que j’utilise quasi-exclusivement.
  • Enfin, j’utilise le mode de mesure « multizones » dans la plupart des cas. L’exposition « spot » est très intéressante pour photographier des vitraux notamment ou faire de la photo de façades illuminées de nuit.

Lorsque je fais face à un fort contraste, avec une plage tonale très étendue, plusieurs solutions sont envisageables.

Tout d’abord, s’il s’agit d’un paysage pris au grand angle et que vous avez des parties très éclairées et d’autres plus sombres, ou à l’ombre, je n’ai pas tellement d’autre solution que de vous dire de vous tourner vers le HDR pour effectuer un « tone mapping » qui vous permettra d’exposer correctement les parties les plus éclairées (généralement le ciel) et les parties les plus sombres (au sol) en recomposant une image correctement exposée à partir de trois photos prises à trois expositions différentes.

Il en est tout autre pour la photo d’architecture ou de portrait. Dans ce cas, j’utilise le correcteur d’exposition pour sur-ex un peu dans les zones sombres. Si les parties éclairées sont brûlées, j’utilise alors le flash de fill-in pour déboucher les ombres. En cas d’échec je passe en mode « M », ou manuel, en reprenant la même ouverture et la même vitesse que sur ma photo en mode « A » prise sans flash, et j’ajoute un coup de flash qui va déboucher les ombres.

Enfin, sans entrer dans les détails pour la composition et le cadrage de votre photo, n’hésitez pas à vous approcher de votre sujet : vous éviterez du flou de bouger en n’utilisant pas un facteur de zoom trop important et aurez également plus de luminosité car l’ouverture de votre zoom sera meilleure à focale courte.

Et changez de point de vue, n’hésitez pas à mettre le genou à terre.

 

avr 172012
 

Certains l’appellent « flux de travail », d’autres « workflow » : c’est tout simplement la description des différentes étapes de votre travail, de la prise de vue jusqu’à la diffusion de vos images. Je vous propose de découvrir les étapes de mon flux de travail qui commence bien en amont de la prise de vue et se termine bien après.

Choix du format de fichier

Tout d’abord, concernant le choix du format de fichier, je n’utilise plus le JPEG car il s’agit d’une image traitée en interne par le logiciel de votre appareil photo. Vous obtenez donc une image déjà « interprétée » par votre appareil, qui ne correspond pas forcément à l’interprétation que vous auriez souhaité en post-traitement. L’exemple le plus flagrant est la correction de la balance des blancs. Vous pourrez toujours la retoucher sur une image en JPEG, mais au détriment de la qualité. Chaque modification sur un JPEG entraine en effet une perte de qualité irréversible.

J’utilise le format RAW. La plupart des reflex et bridges le proposent. Le format RAW est, comme son nom l’indique, le « format brut ». Il enregistre toutes les informations d’exposition, de couleurs, et surtout toute la gamme tonale de l’image (c.-à-d. l’intégralité du dégradé de tons entre le noir et blanc contenus dans l’image). La profondeur des couleurs est de l’ordre de 12 à 14 bits en format RAW, alors que le JPEG restreint le codage de couleurs à 8 bits. La profondeur de couleur permet de décrire le nombre de bits utilisés pour représenter la couleur d’un pixel dans une image. Plus la profondeur de couleur est grande, plus vous aurez une plage de couleurs étendue.

Vous aurez compris qu’en utilisant le format RAW, vous pouvez retoucher sans perte de qualité la balance des blancs, l’exposition, le contraste, etc. de votre image et vous pouvez donner votre propre interprétation de votre photographie.

La prise de vue

La prise de vue fait partie de votre flux de travail, je vous renvoie aux articles concernant les techniques de prise de vues et les différentes situations auxquelles vous pouvez être confronté. Je prends en général une centaine de photos lorsque je couvre un évènement ou lors d’un reportage. Les procédures de retouche étant longues, je limite le nombre de prises de vue. Mais cela ne veut pas dire que je range mon appareil après avoir pris 100 photos. Vous n’aurez peut-être jamais l’occasion de retourner dans le pays que vous visitez. Il m’arrive de rentrer avec plus de 1500 photos de voyage.

J’utilise une seule carte SD-HC class 10 de 32 Go. Probablement une grosse erreur, car en cas de défaillance de la carte, je perds tout. Mais j’ai toujours un ordinateur portable à proximité, et je décharge ma carte tous les soirs.

Avant de passer à la suite, quelques précisions concernant mon appréciation directe de mes photos sur le terrain.

1° Je commence par regarder les extrémités droites et gauches de l’histogramme :

  • S’il est écrasé à gauche, vous avez un problème de sous-exposition.
  • S’il est écrasé à droite, c’est un problème de surexposition.
  • Un histogramme décalé (mais pas écrasé) à gauche est caractéristique d’une image sombre mais pas forcément sous-exposée.
  • Un histogramme décalé (mais pas écrasé) à droite est caractéristique d’une image claire mais pas forcément surexposée.

2° Ensuite je regarde le contraste général de l’image :

  • Un histogramme écrasé des deux côtés traduit une image très contrastée.
  • Un histogramme ramassé au milieu est signe d’un manque de contraste.

3° Dernier point : je vérifie toujours la netteté de la photo que je viens de prendre en zoomant sur celle-ci sur l’écran LCD de l’appareil.

Votre carte mémoire est maintenant bien remplie, que faites-vous ?

Le transfert des images et la sauvegarde

Parce que la perte de données est la pire chose qui puisse vous arriver, je vais surtout vous parler ici de la sauvegarde de votre patrimoine photo numérique. Et cela n’arrive pas qu’aux autres. Je ne compte plus le nombre de personnes autour de moi qui ont un jour perdu leurs fichier clients, leurs dix dernières années de facturation, leur collection de MP3. Mais cela n’est rien à côté de toutes les photos que vous ne pourrez jamais refaire. Une photo représente bien souvent un évènement unique, à un instant précis, avec une lumière donnée, que vous ne reverrez pas.

Comme je vous l’ai dit, je décharge ma carte tous les soirs lorsque j’effectue un reportage sur plusieurs jours.

Je fais une copie des fichiers de la carte mémoire sur un portable ou bien directement sur le PC que j’utilise à la maison pour la retouche photo. Je garde mes photos en copie sur la carte mémoire jusqu’au retour à la maison (ceci évite la perte de données si le portable était endommagé ou volé).

Et surtout je ne laisse jamais l’appareil et sa carte tout seul à l’hôtel. Il est toujours avec moi, ou au minimum la carte mémoire.

Le premier tri

J’utilise le logiciel gratuit XNView pour trier les flous et les clichés franchement ratés immédiatement après ma séance photo. J’aime avoir une vue rapide tant que les souvenirs sont encore bien frais. Il m’arrive de décider de supprimer ou de retravailler certaines photos quelques semaines voire quelques mois après.

Puis je nomme mes répertoires selon ma méthode de catalogage suivante :

[annéemoisjour_lieu]

Par exemple : [20110416_chenonceau] : je sais que ces photos ont été prises le 16 avril 2011 à Chenonceau.

L’underscore (touche [_]) permet de créer des séparateurs sans utiliser d’espaces (non reconnus sur le Web).

XNView permet d’effectuer des renommages en masse (ce que certains appellent le batch processing).

La dérawtisation

Avant tout, assurez-vous que votre écran est bien calibré. Vous pourrez effectuer ce calibrage en passant par les options d’affichage dans le panneau de configuration de Windows. Une icône « étalonner les couleurs » doit apparaître. Ceci est bien entendu la solution la moins coûteuse. Je ne parlerai pas ici des sondes permettant d’étalonner un écran qui valent plusieurs centaines d’euros.

Passons maintenant au traitement de l’image. J’ai utilisé UFRaw pour débuter. Je suis désormais passé sous RawTherapee pour la phase de dérawtisation du post-traitement de mes photos. Il semblerait être un des meilleurs logiciels libres gratuits du moment.

Vous trouverez un manuel d’emploi très complet sur le blog RawTherapee en plusieurs langues (dont le Français !). En résumé, ce logiciel me permet de régler :

  • l’exposition
  • la balance des blancs
  • la réduction de bruit
  • le contraste
  • la saturation
  • le recadrage
  • le nettoyage d’imperfections

Je travaille toujours dans une pièce où la lumière ambiante est inférieure à celle dégagée par l’écran pour ne pas risquer une mauvaise appréciation des tons foncés, mais j’évite une pièce à l’inverse plongée dans le noir car cela vous fait involontairement assombrir vos photos (et cela m’a déjà valu de recommencer plusieurs fois le post-traitement d’un même reportage). Si je retouche mes photos de nuit, j’utilise une lumière qui procure un éclairage de type « lumière du jour » à 5000 K, dans une pièce avec des murs blancs et un bureau de couleur neutre et non influent sur les couleurs.

Une fois que toutes mes photos sont dérawtisées et retouchées, pour éviter des « trous » dans mon catalogage, je renomme en masse une dernière fois mes fichiers avec XNView pour avoir une suite d’images de A-000 à A-xxx. J’effectue ce tri toujours en même temps sur mes RAW comme sur mes JPEG afin que les deux formats de mes fichiers gardent toujours la même référence.

Si nécessaire, j’effectue les retouches avancées dans GIMP.

La préparation à la mise en ligne

J’utilise une fois encore le logiciel XNView pour redimensionner mes images en 720×576 pixels, qualité 72 ppp.

La mise en ligne

FileZilla est un logiciel « client FTP » gratuit qui me permet de me connecter à distance sur mon serveur pour y télécharger des fichiers notamment.

En ce qui concerne mes articles et mes galeries publiques, je fais confiance au web 2.0 et je publie via WordPress installé sur mon serveur. Cette plateforme permet de disposer d’un accès permanent à mes photos et me donne la possibilité d’obtenir des commentaires de la part des visiteurs.

Dans certains cas, j’ai besoin d’utiliser la protection de répertoires afin de ne permettre l’accès qu’aux seules personnes autorisées à un album photo. Il est possible de limiter l’accès à un répertoire (demande d’un login et mot de passe par une fenêtre de demande d’identification).

Il faut pour cela mettre en place deux fichiers dans le répertoire à protéger :

.htaccess : qui contient les instructions pour la protection du répertoire

.htpasswd : qui contient la liste des utilisateurs et les mots de passe cryptés

Pour créer ces fichiers .htaccess et .htpasswd, vous devez ouvrir le Bloc-notes (Notepad), compléter le contenu des fichiers puis cliquez sur « Enregistrez sous » : dans le menu « Type » choisissez « Tous les fichiers » et dans le champ « Nom du fichier » saisissez les noms sous la forme « .htaccess » et « .htpasswd ».

Contenu du fichier .htaccess

Il vous faut au préalable récupérer les informations du répertoire d’accueil de ce fichier qui doit ressembler à : /homepages/xx/dxxxxxxxxx/htdocs/.

Puis placez ce contenu dans le fichier :

AuthUserFile /site/homepages/xx/dxxxxxxxxx/ htdocs/.htpasswd

AuthGroupFile /dev/null

AuthName « Description pour la fenêtre d’accès »

AuthType Basic

require valid-user

Vous devez remplacer le contenu après « AuthUserFile » par le chemin de votre répertoire d’accueil.

Contenu du fichier .htpasswd

Vous devez placer dans ce fichier la liste des utilisateurs et de leurs mots de passe séparés par « : » sans espace :

nom_utilisateur:mot_de_passe_ crypté

Il ne vous reste plus qu’à transférer les fichiers .htaccess et .htpasswd à la racine du répertoire à protéger.

Comment crypter le mot de passe dans le fichier .htpasswd (applicable uniquement aux hébergements Linux) ?

Vous pouvez vous rendre à cette adresse : http://faq.1and1.fr/hebergements/protection/11.php.

Entrez dans le formulaire le mot de passe que vous souhaitez crypter puis cliquez sur « Crypter ».

Copiez le mot de passe crypté qui vous est donné et collez-le dans votre fichier .htaccess en face du nom d’utilisateur.

En ce qui concerne mes galeries privées, j’utilise le logiciel gratuit 7zip pour générer une archive compressée des fichiers à livrer que je place dans le répertoire protégé sur mon serveur puis j’envoie le lien au « client » avec ses mots de passe.

J’héberge mon site chez 1&1. Une fois mon travail publié, j’envoie les informations de disponibilité d’une nouvelle galerie photo par e-mail à mes contacts, puis je relaye cette information par Twitter. Pensez à raccourcir vos URL sur Twitter, cela fait plus professionnel et vous fait gagner de précieux caractères (qui sont limités à 140 par Twit). Mon compte Twitter est automatiquement synchronisé avec Facebook. La magie du web 2.0 opère !

La sauvegarde, encore la sauvegarde.

A la fin de la retouche et de la mise en ligne, je sauvegarde mes images sur un disque dur externe que j’emporte partout où je vais. Je peux alors formater ma carte mémoire dans l’appareil photo en vue d’une prochaine utilisation. J’ai ainsi une version de mes photos sur le PC à la maison, et une sauvegarde intégrale sur moi en permanence. Une fois par mois, je sauvegarde ce disque externe dans un lieu que je garde secret et loin de la maison.

Et après… ?

Au début de cet article, je vous disais que le flux de travail se termine bien après la mise à disposition de vos photos auprès de votre public. Je vous conseille de ne jamais jeter vos RAW après leur développement en JPEG.

Les futurs logiciels de dérawtisation vous permettront probablement un jour d’aller plus loin, et vous serez content de ressortir vos vieux RAW pour donner un nouveau sens à certaines de vos photos.

avr 172012